L'Anti-Atlas : Aït-Baha, Tafraoute, Aït-Mansour

Jeudi 25 septembre 2025 (suite) :

Après la banlieue très étendue d’Agadir, nous prenons la R105 vers Tafraoute.

Il est tard et nous devons trouver un endroit pour la nuit. Notre lieu d’étape aurait pu être un recoin dans la campagne un peu avant le village où nous voulons venir demain pour voir l’ancien grenier fortifié d’Ikounka.

Mais, un peu après que nous soyons installés, un gars, soi disant responsable de la sécurité, arrive en mobylette et nous intime de partir et d’aller nous garer au bourg d’Aït-Baha.

Bon, nous voilà obligés de quitter ce bel endroit …  Dommage …

Nous gagnons donc Aït-Baha et nous garons sur un parking, à l’entrée de la ville, qui a l’air  bien tranquille…

Une halte écourtée ...
... Et nous voilà donc garés sur le parking à l'entrée du bourg d'Aït-Baha. De là, nous dominons la ville ...

Vendredi 26 septembre :

La nuit a été bien calme finalement … jusqu’à l’appel du muezzin à 5h30 !

Ce matin, demi-tour, donc, pour aller voir les greniers fortifiés (agadirs) d‘Ikounka et d’Imchguiguiln …

Ils sont, en effet très grands et très beaux mais malheureusement fermés et nous avons beau interroger les gens du coin, soit ils ne comprennent rien soit ils ne savent pas comment trouver le gardien… Nous ne les verrons donc que de l’extérieur et c’est bien dommage …

Agadir Ikounka
Agadir d'Imchguiguiln
Nous reprenons la R105 vers Tafraoute  en repassant par AÏt-Baha…

Tout au long de cette route qui serpente dans la montagne ocre, plantée d’arganiers, nous avons de superbes points de vue. Elle longe des petits villages aux maisons ocre rouge qui se confondent avec la terre des collines… Nous déjeunons sur un terrain au bord de la route, avec une belle vue sur la montagne…

Les maisons en terre se confondent avec la colline
la montagne est striée de murets de pierres qui doivent être des vestiges de cultures en escalier

Petite halte à la Kasbah Tizourgane

Elle trône en haut de son éperon rocheux. C’était, autrefois, un village fortifié en granit du XIIIe s, autour duquel se sont édifiées des maisons, et qui servait également d’agadir (grenier fortifié) … Elle a été entièrement restaurée par une famille qui y tient une maisons d’hôtes.

Après nous être acquittés de 20Dh/pers, nous pouvons nous promener dans les ruelles, admirer les maisons construites en assemblages de pierres savamment élaborés, les belles portes sculptées et peintes de motifs traditionnels, et profiter de la superbe vue sur les alentours…

La kasbah Tizourgane
Dans les ruelles de la kasbah Tizourgane

La route 105 se poursuit au milieu de paysages grandioses.

Puis, elle devient de plus en plus étroite, avec des bas-côtés très endommagés, ce qui rend difficiles les croisements.

Nous arrivons enfin à Tafraoute

Il y fait une chaleur à crever, ça change de la côte !

Notre hébergement :

Le camping Tazka où nous étions venus il y a 16 ans est fermé (en travaux) et les autres sont également fermés ou trop éloignés.

Il n’y a plus que le camping « des 3 palmiers » ouvert et il est bondé !

Ce qui est bien pratique, c’est qu’il est situé tout près du centre-ville. 

Une fois installés au camping, nous allons en ville acheter du pain et nous retrouvons avec plaisir le café où nous aimions venir en 2009 (Souvenirs, souvenirs !). 

Nous dégustons un jus de fruit sur la terrasse d’où l’on peut observer l’animation de la rue.

Puis un petit tour dans le souk aux babouches (eh oui, Tafraoute, c’est la capitale de la babouche !) …

Dans cette région, les femmes ont une tenue particulière :  voile noir et robe formée d’une  jupe noire égayée par un galon coloré en bas, enroulée trois fois et surmontée d’un  volant noir élastiqué par-dessus un haut coloré à manches longues.

Le centre-ville
Le souk aux babouches. Dans cette région, les femmes ont un costume traditionnel bien particulier
Fabrication d'"amlou":pâte à tartiner locale aux amandes, miel et huile d'argan

Samedi 27 septembre :

Une belle balade :

Ce matin, vers 9h, nous partons pour une grande promenade à pied aux alentours de Tafraoute, comme nous avions fait en 2009.

Nous prenons la route qui passe devant les terrains de camping « Tazka » et « Granit rose », tous deux fermés …

Après avoir traversé la palmeraie près du "Tazka" ...
... On arrive au joli village de Tazekka
Les maisons du village sont construites parmi les rochers de granit ...
... Et parfois, surplombées par un empilement de roches !

Une piste dans les rochers

Après être arrivés aux dernières habitations du village, nous nous engageons sur ce qui semble avoir été un sentier. Nous grimpons sur de gros rochers, mais, au bout d’un moment, le passage devient impossible … Nous cherchons donc une autre voie et, enfin, nous trouvons un « sentier » balisé par des cailloux empilés les uns sur les autres placés à intervalles réguliers. Très bon balisage, finalement ! Il fallait juste en voir le début.

 

Nous sommes souvent amenés à marcher dans le lit complètement à sec d’un oued. La sècheresse sévit par ici. Le soleil tape dur …

C’est désolant de voir cette nature qui meurt de soif … Quelques arbustes, épineux et succulentes, réussissent à survivre dans les interstices de roches où il subsiste un peu de fraîcheur. Il y a même de petits lauriers-roses en fleur ! Des ruches sont alignées mais que butiner par là ?

Le paysage est toujours aussi époustouflant de beauté !
Paysage minéral, personne, pas un bruit, c'est le calme absolu ...
Retour au village de Tazzeka

 

 

Quelques instants de repos à l’ombre d’un gros rocher en dégustant des petites bananes que nous avions achetées à Tamri ( Elles sont vraiment excellentes), et nous faisons demi-tour. Il est 11h50 et il fait vraiment très chaud.

Il est temps de rentrer…

Nous revoilà au village de Tazekka, il nous reste encore un bout de route avant d’arriver au camping.

À l’arrivée, nous sommes en nage et bien crevés…

Cet après-midi, ce sera repos… jusqu’à 17h30 où nous allons faire un tour en ville.

Devant notre café habituel, une dame fait des msemens, ces très bonnes crêpes berbères que nous aimons beaucoup … 

Tafraoute est une petite ville bien sympa où l’on se sent bien.

Dimanche 28 septembre :

Dans la matinée, nous quittons le camping après nous être acquittés de 150Dh (2 nuits et 2 douches, l’eau est rare par ici et donc, payante) et après plein d’eau et vidange de la cassette. Pour la vidange des eaux usées, c’est en dehors du camping. Il faut aller sur une place près de l’espace de jeux pour enfants.

Nous prenons la route des gorges d’Aït-Mansour.

Elle est assez étroite et sinueuse, vertigineuse par endroit. Nous roulons dans un magnifique paysage de montagnes ocres …

Une fois arrivés au début des gorges, nous suivons la route qui les traverse, par moment très étroite et abimée … 

Il y a encore un peu d’eau dans le fond des gorges, la nature est verdoyante par ici.

Dans les gorges d'Aït-Mansour
Au bout des gorges ...
Un vieux village agrippé à la montagne
Après l'oasis des gorges, la route suit un paysage désertique
Village de Tiwadou
Une auberge fermée …

Nous continuons après l’oasis des gorges jusqu’à un village où se tient un souk (Souk-Had-Issi, supposons-nous), puis le village de Tiwadou où nos voisins de camping nous avaient recommandé l’auberge Sahnoun.

Malheureusement, aujourd’hui dimanche, elle est fermée, dommage ! Nous faisons donc demi-tour.

… Mais une belle rencontre !

Tout-à-coup, sur la route, une petite vieille en costume traditionnel nous fait signe et nous parle dans sa langue incompréhensible pour nous. Elle nous répète plusieurs fois le mot « souk », c’est donc qu’elle veut aller au village où nous sommes passés avant.

Nous la faisons monter et la voilà toute contente.

Quand je lui ouvre la porte pour qu’elle monte, elle va jusqu’à m’embrasser pour me montrer sa joie ! Quand nous la déposons au village, tous les hommes attablés à la terrasse du café sont surpris de voir cette vieille femme descendre de notre fourgon !

Retour dans l'oasis des gorges d'Aït-Mansour
 
 

 

Dans les gorges, déjeuner chez Mustapha

Dans cette toute petite « auberge », il n’y a que des omelettes berbères au menu, du thé à la menthe avec des biscuits… Et des dattes, bien sûr! Il y a plein de palmiers dattiers partout …

Bon, ça fera l’affaire car sa terrasse sous les feuillages est très agréable … Mais sa note est plutôt salée ! Tant pis, nous avons passé un bon moment …

chez Mustapha, déjeuner sous le figuier
La route dans les gorges

Arrivés au début des gorges, nous hésitons à rester sur le parking gardé…

Mais il y a décidément trop de monde et nous préférons reprendre la route vers Tafraoute

Et ça grimpe !!!

Notre étape nuit :

 Notre lieu de bivouac va être un endroit très beau dans la montagne. Un vaste terre-plein bien plat qui surplombe la vallée. (29.636 54  -8.937 047)

De là, on aperçoit même le site des rochers peints (ça, en revanche, c’est une horreur ! quelle idée saugrenue de peindre en bleu des rochers si beaux dans leur teinte naturelle !) … Malgré tout, nous avons une vue superbe… Heureusement, d’ici,  pour les voir, il faut des jumelles !

Notre bivouac dans la montagne
Et la vue depuis notre nid d'aigle ( avec les rochers bleus très agrandis )