Le Rif : Ketama, El Jebha, Tetouan
Mercredi 8 octobre 2025 (suite) :
En quittant Sefrou, nous prenons la route qui contourne Fès.
Nous avons visité sa grande et belle médina en 2009, et voulons rester sur le beau souvenir que nous en avons.
De plus, nous avons envie de finir notre voyage par un petit séjour sur la côte méditerranéenne, donc au nord et il y a encore une longue route pour y arriver.
En conséquence, après Fès, nous prenons la route vers Al-Hoceima.
Le paysage qui borde la route est très original, lunaire, fait de collines blanches ressemblant à de grosses dunes plissées …
Beau paysage mais mauvaise route
Il y a pas mal de circulation sur cette route, gros camions qui avancent très lentement et voitures qui doublent n’importe où …
En plus, la route n’est pas en bon état, pleine de pierres et de travaux en cours. On dirait qu’on roule sur de la tôle ondulée, c’est très pénible pour les gens et pour le véhicule (tout tremble là-dedans !)
Nous bifurquons dans la direction de Ketama et, heureusement, la route devient meilleure … mais pénible quand même car les marocains conduisent très mal et il y a plusieurs petites villes très encombrées à traverser.
Il va nous falloir trouver un point pour nous arrêter pour la nuit. Pas de terrain de camping par ici et le premier point que nous avons trouvé sur P4N n’est plus accessible à cause de gros travaux.
Notre lieu de bivouac nuit :
Nous continuons encore sur 50 km avant de trouver un autre point (merci P4N). C’est un petit renfoncement près de la route, parmi la végétation.
Le paysage des alentours est très beau : montagnes en pentes plantées d’oliviers et chênes-verts, avec de l’eau tout en bas … Ça pourrait être pire !
Jeudi 9 octobre :
Finalement, nous avons bien dormi dans ce petit coin… Nous entendions le bruit des camions dans la soirée mais la nuit, ça s’est calmé.
Le matin, les enfants qui partent à l’école viennent nous faire une visite timide. Il n’ont pas l’habitude des touristes par ici. Au bout d’un long moment plantés devant le fourgon, ils se décident à dire « money ? » … Devant notre refus, ils n’insistent pas…
Encore une route en mauvais état
Nous prenons la route dans la direction d’Al-Hoceima.
Elle est encore pleine de travaux. Il y a eu des glissements de terrain et de grandes parties de la route sont pleines de gravats.
Plus loin, d’autres parties sont refaites, alors, plein d’espoir, on croit que c’est bon mais, paf ! Encore des travaux avec des grosses machines, gros tas de terre et de pierres partout.
En plus, il faut se farcir les gros camions ainsi que les voitures et minibus qui doublent n’importe où !
Il y a beaucoup de virages, c’est de la route de montagne et souvent les bordures sont abimées. Enfin, c’est pas de la tarte, quoi !!!
C’est le Rif et c’est la saison de la récolte du cannabis
Par ici, il est cultivé à grande échelle. On peut voir des plantations partout à flanc de colline, près des maisons, sur la moindre parcelle …
Les plants récoltés sont mis à sécher au soleil sur tous les endroits possibles : toits plats des maisons, sur les balcons, sur des bâches à terre, etc…
Ça sent fort ! Les enfants qui sortent des écoles cheminent dans les effluves de cannabis.
Certains hommes nous en proposent mais, devant notre refus, ils n’insistent pas.
Ketama
Il y a un grand souk aujourd’hui dans la ville et les rues sont très encombrées par toutes sortes de véhicules, piétons, stands … Il est 10h40 et tous les marchands n’ont pas fini de s’installer.
Des camions arrivent encore et les poissonniers (qui viennent de la côte ?) commencent seulement à décharger les caisses…
Enfin, nous réussissons à traverser la rue principale et à nous garer à la sortie de la ville.
Puis, nous partons faire nos courses dans ce grand marché. C’est animé, il y a de tout. Chaque spécialité a son coin, celui de la viande de bœuf, celui des volailles, celui des légumes, etc …
À la sortie de la ville, il y a même une coopérative des producteurs de cannabis !
Notre route continue. Après Ketama, elle est en bon état. Très sinueuse, elle serpente dans de magnifiques paysages de montagne.
Il fait très beau, le soleil chauffe bien et fait ressortir les effluves de cannabis, ça sent dans toute la montagne !
Halte déjeuner
Pour déjeuner, nous nous arrêtons dans un renfoncement au bord d’un chemin qui doit mener à un hameau. Nous y avons une très belle vue …
Voilà le brouillard !
Après déjeuner, voilà que les nuages commencent à s’accrocher de plus en plus aux sommets et, bientôt, nous sommes environnés de brouillard.
Heureusement, il n’est pas très dense et la bande blanche indiquant le milieu de la route est bien visible.
El jebha (ou El Jebeha)
Après nous être garés le long du port, nous allons y faire une balade. C’est un port de pêche actif avec les maisons blanches et bleues. L’après-midi, il y a beaucoup d’étals de poissons dans les rues. Les marins font griller des sardines sur des braseros …
Beaucoup de restaurants ont des barbecues sur leur terrasse et proposent aussi des sardines grillées.
Nous en achetons une dizaine à emporter car il est 16h et nous n’avons pas envie de manger des sardines à l’heure du goûter !
Nous les dégusterons au dîner…
Nous essayons de trouver un coin où faire notre bivouac pour la nuit, mais sans succès. Il y a des militaires partout qui veillent sur les plages et nous interdisent de rester sur la côte la nuit…
Notre étape nuit :
Nous découvrons qu’il y a un petit camping au village de Thagassa.
Thagassa est à une dizaine de km d‘El Jebha.
Pour y arriver, il faut emprunter une petite route qui descend très raide jusqu’au bas de la falaise.
En bas, se trouvent une mosquée, quelques maisons et des barques de pêche devant la mer.
Pour arriver au camping, il faut prendre une piste caillouteuse et défoncée, traversée par un petit oued, au bout du village. Yannick part en reconnaissance, ça devrait passer… On y va !
Et nous avons bien fait ! Nous y sommes très bien accueillis.
La mer est juste en face et des fauteuils nous y invitent au farniente. Extra ! (100Dh/nuit)
Il y a déjà trois fourgons garés dans ce petit coin perdu (un couple de français, un couple d’allemands et un belge solitaire)
Vendredi 10 octobre :
Une journée farniente à Thagassa
Nous sommes bien ici, nous allons y rester aujourd’hui …
Nous nous baignons face au camping. Il y a de gros galets heureusement, nous avons des chaussons de bain !
Un peu plus loin, sur le côté gauche, nous apercevons une plage de sable. Nous irons cet après-midi ..
Le vendredi, c’est couscous !
Ça tombe bien que nous restions là aujourd’hui car nous sommes vendredi et c’est le jour du couscous au Maroc, donc aussi au petit restau du camping.
Et il est vraiment excellent et copieux ! (60Dh/pers)
Farniente cet après-midi
Repos et bain de mer (je me suis faite piquer par des petites méduses, aïe ! ça brûle! ) …
La journée se passe agréablement mais, dans la soirée, le temps se gâte… voilà la pluie. Pourvu que l’on puisse partir demain sans problème …
Samedi 11 octobre :
Mauvais temps …
Il a plus très fort avec du vent, toute la nuit. Nous sommes inquiets mais le patron du camping nous dit que ça va aller.
Il part devant nous pour nous montrer le meilleur endroit où rouler. Ça glisse pas mal mais ça passe, ouf !
L’oued qui descend de la montagne a bien gonflé. La mer est toute marron. Les vagues charrient la boue de l’oued. Impressionnant …
Bon, le premier obstacle est passé, ainsi qu’un autre bras de l’oued… Mais il y a encore la route très raide et mouillée qui monte jusqu’en haut de la falaise. Heureusement, notre fourgon grimpe bien et nous voilà sur la route … Re ouf !
Nous suivons la route de côte vers Tetouan. Il pleut et la route est jalonnée de grosses pierres tombées des montagnes qui la bordent. Pas très rassurant !
La mer est très agitée et pleine de boue descendue par les oueds qui coulent à flots …
Quand nous traversons une petite station balnéaire près de Oued Laou (peut-être Quaa Asserasse ?), la rue qui borde le littoral est encombrée par de gros tas de terre et de cailloux descendus des chemins ravinés en arrière. Les pelleteuses sont au travail pour dégager la route …
Après Oued Laou, la route n’est plus encombrée de terre et nous arrivons sans problèmes à Tetouan vers 12h15.
Tetouan
Il y a beaucoup de circulation en ville.
Malgré tout, nous réussissons à nous garer sur un parking au pied de la médina…
Un très bon restaurant
… et allons déjeuner au restaurant « El Restinga », recommandé par le Routard.
Curieusement, il n’y a pas beaucoup de restaurants à Tetouan. Ce restau est bourré de monde mais il reste tout de même une petite table pour nous. La chance ! Il se révèlera très bon et très abordable, nous y dégustons une excellente pastilla au poulet. Une bonne adresse.
Balade dans la médina
Après avoir parcouru plusieurs ruelles, nous empruntons la grande « rue de Fès » très animée.
Plein de marchands de tout et de rien : alimentaire, bric-à-brac, cosmétiques, matériaux, etc … Un vrai marché aux puces tout le long de la « rue de Fès »… jusqu’au souk El Fouki.
Près de Bab-Sebta, se trouvent des tanneries (un peu à l’abandon, semble-t-il. Nous les avions visités en 2009 et elles étaient en meilleur état). Pas facile de les trouver, d’ailleurs. Nous demandons à plusieurs personnes avant de les découvrir.
Après quelques courses, nous quittons Tetouan vers Martil.
Notre étape nuit :
C’est au bord du lac de barrage Asmir que nous allons nous garer. Nous avons un peu de mal à trouver une place car il y a du monde par là… Des familles viennent pique-niquer, avec leur brasero, malgré le temps gris.
Une voiture en difficulté
Juste après avoir réussi à nous garer, nous apercevons un jeune couple en difficulté au bord du lac. Leur voiture s’est embourbée. Ils se sont trop approchés de la rive vaseuse … Nous essayons de les aider avec nos plaques de désensablement, mais ça ne marche pas !
Heureusement, d’autres jeunes arrivent à la rescousse et, à force de pousser, ils réussissent à la sortir de là…
Mais nos plaques sont pleines de vase collée maintenant !
Dans la soirée, tout le monde s’en va… Demain, nous quittons le Maroc. Le bateau est prévu à 13h30.






