Ouarzazate, Oasis de Fint, Kasbah d'Amridil
Après avoir fui la foule d’Aït-Benhaddou …
… Nous gagnons Ouarzazate
Nous commençons par quelques courses au supermarché Carrefour (c’est le seul où l’on peut trouver de la bière), nous allons nous garer face à la kasbah de Taourit. C’était l’une des nombreuses résidences du pacha El-Glaoui. Considérablement agrandie dans les années 1920, elle constitue, en fait, un ksar, village fortifié habité (plus habité depuis 1956). Elle est malheureusement en travaux actuellement et donc on ne peut que l’admirer de l’extérieur.
Le ksar (vieille ville)
Puisqu’on ne peut pas visiter la grande kasbah, nous allons faire un tour dans le ksar qui la jouxte.
Il est encore habité par plusieurs familles et plusieurs maisons d’hôtes y accueillent les visiteurs.
Mais il n’y a pas moyen d’y être tranquilles. Les marchands veulent tous nous vendre des choses, d’autres veulent nous guider …
Un gars nous propose de monter gratuitement sur la terrasse d’une maison d’hôtes. Il est très sympa, il nous explique que les habitations autour, n’étant plus habitées ni entretenues, se délabrent et tombent en ruine.
Les constructions en pisé (paille et terre) demandent de l’entretien. Il y a beaucoup de gravats dans les rues et dans plusieurs endroits, les artisans sont à l’œuvre. Tant mieux …
Après avoir flâné dans le ksar, nous essayons d’aller au musée du Cinéma, situé juste en face de la grande kasbah mais il est trop tard, il ferme à 17h. Tant pis…
Il nous faut aller dans la ville moderne pour faire du change de monnaie…
Puis, nous prenons la route pour l’oasis de Fint où nous avons l’intention de passer la nuit.
Oasis de Fint
En arrivant, nous nous apercevons que nous n’avons plus de pain. Allons-nous en trouver à vendre ici ?
Du thé et du pain dans le village
Je demande à une dame qui nous fait comprendre de la suivre. Elle nous emmène à travers la rue du village (ça grimpe), jusqu’à une maison un peu après la mosquée. Elle nous fait entrer chez une autre dame qui nous accueille dans sa cour intérieure.
Vite, elle dispose tapis et coussins au sol et nous invite à nous asseoir. Elle nous sert alors le thé à la menthe et nous apporte des galettes de pain traditionnel (comme nous avions mangé à Taliouine).
Ne perdant pas le nord, elle nous propose de venir manger le couscous demain midi (120Dh). Marché conclu, elle viendra nous chercher pour que nous puissions la voir préparer la cuisine…
Nous lui achetons donc deux pains et retournons au fourgon garé au bord de l’oued en bas du village.
lavage de tapis
À notre étonnement, il y a plein de gens qui sont en train de ramasser des tapis qu’ils ont lavés dans l’oued et qu’ils ont mis à sécher sur les rochers.
Ils nous expliquent qu’il va y avoir un mariage dans leur famille et qu’ils doivent donc nettoyer tous ces tapis dont ils auront besoin.
Toute la famille est venue passer la journée ici, avec enfants, marmites, réchauds.
Ils chargent tout ça dans un pick-up pour rentrer chez eux, près de Ouarzazate.
Nous finissons la soirée dehors. Il a fait très chaud aujourd’hui et, ce soir, il n’y a pas de vent frais comme les autres soirs… Plusieurs gars du coin viennent pique-niquer au bord de l’eau… Vers 22h30, tout le monde est parti… c’est le grand calme.
Jeudi 2 octobre :
La nuit a été bien calme … Au matin, des femmes passent le long de l’oued. Elle s’en vont dans les marais tout au bout cueillir du fourrage pour les animaux. Ici, les femmes ne sont pas voilées de noir comme dans la région de Tafraoute, elles ont des robes fleuries et un foulard.
Nous allons faire une petite balade à pied de l’autre côté, en longeant des jardins, dont les parcelles carrées, bordées de petits murets de terre, sont cultivées : Luzerne, maïs et légumes mais aussi beaucoup de palmiers dattiers.
Confection du couscous
Vers 11h, la dame vient nous chercher pour nous mener chez elle.
Comme hier soir, nous nous asseyons sur des coussins dans la cour intérieure de sa maison.
Elle nous apporte d’abord des dattes et nous fait entrer dans sa cuisine, très rudimentaire où le couscoussier est sur le feu. Poulet, carottes et oignons bouillent dans la partie basse et la semoule cuit à la vapeur en haut.
Au bout d’un moment, elle met à cuire les autres légumes : courgettes, poivrons et aubergines et elle met la semoule dans une bassine. Après y avoir ajouté un peu d’eau et d’huile, elle roule la semoule entre ses mains pour bien détacher les grains et elle la remet à cuire.
Elle doit recommencer ça trois fois … En attendant que ça soit cuit, nous sirotons le thé à la menthe.
Du beurre de chèvre !
La mère de son mari habite là aussi (c’est sa maison). La vieille dame s’assoit par terre dans une des pièces autour de la cour.
Sa fille (la belle-sœur de notre hôtesse) lui apporte un bidon de 5l de lait de chèvre.
Elle l’enveloppe dans un sac plastique, elle en attache les deux extrémités avec des liens qui descendent du plafond et le balance d’avant en arrière énergiquement.
C’est une baratte improvisée pour faire du beurre !
Je ne savais pas qu’on pouvait faire du beurre avec du lait de chèvre. Je n’en ai jamais vu à vendre nulle part. Il parait pourtant qu’il est plus sain que le beurre de lait de vache…
En tout cas, je pense qu’elle doit passer un sacré bout de temps à balancer sa baratte avant d’avoir du beurre !
Quand nous rentrons au fourgon, il y a encore des groupes de femmes qui lavent leurs tapis dans l’oued. C’est une pratique courante ici, apparemment…
Il y quelques auberges ici, ce qui fait qu’il y a quelques touristes de passage.
Skoura et la kasbah d’Amridil
La route jusqu’à Skoura traverse un paysage désertique.
Nous allons nous garer au camping Amridil (100Dh)
Il fait encore très chaud aujourd’hui et il y a une piscine dans ce camping. Nous en profitons avant d’aller visiter la kasbah. Un bon bain, ça fait du bien …
Nous étions déjà venus ici en 2009 et nous avions aimé la belle et grande palmeraie verdoyante qui s’étendait derrière la kasbah.
Cet endroit était très luxuriant, avec toutes sorte de cultures irriguées qui s’étendaient sous les palmiers et les oliviers, nous sommes attristés de le voir si desséché. Les palmiers sont attaqués par un champignon parasite, le « bayoud, » qui les affaiblit et les empêche de résister à la grosse sécheresse qui sévit avec la hausse des températures.
Autour de la kasbah, c’est le chantier, la route est en travaux, gros tas de terre, pierres et poussière partout…
La kasbah aussi est en réfection mais on peut quand même en visiter une partie (40Dh/pers). Elle figurait sur les anciens billets de 50Dh avec la figure d’Hassan II. Et elle a servi de décor à de nombreux films.
On ne peut en voir qu’une petite partie contenant des objets usuels (cuisine, four à pain, pressoir) et monter sur les terrasses où les maçons sont à l’œuvre.
Après un petit tour dans la palmeraie (du moins ce qu’il en reste), nous rentrons au camping bien fatigués car il fait encore une chaleur étouffante aujourd’hui. Heureusement, un peu de vent se lève dans la soirée, ça fait du bien.
Il n’y a pas grand-monde dans le camping, il n’y a pas beaucoup de touristes par ici, en ce moment …
Demain, nous allons rejoindre la vallée des roses …






