Taliouine, Ifri, Aït-Benhaddou

Lundi 29 septembre 2025 :

Nous nous réveillons dans la montagne au-dessus de Tafraoute, devant un panorama splendide. Nous sommes à 1 600m d’altitude mais, à 9h, le soleil chauffe déjà bien. Dans la journée, il fait très chaud mais, le soir, le vent froid rafraîchit l’atmosphère…

Nous prenons la route dans la direction d’Igherm en repassant par Tafraoute

Nous repassons par Tafraoute et passons devant le rocher appelé "chapeau de Napoléon"
Sur la route de Tafraoute à Igherm
Le paysage est désertique par là ..
Des collines pelées en forme de mamelons
... De vieux villages isolés ponctuent le paysage ...
Notre halte déjeuner

À une trentaine de km avant Igherm, nous faisons une halte déjeuner sur un terrain caillouteux, au bord d’un oued à sec, entouré d’arganiers

(29.930 448  -8.640 875) …

Les belles montagnes de l’Anti-Atlas, grises et ocres, sont striées de rayures parallèles comme peignées par un rateau géant !

Une route en piteux état

Puis, nous traversons Igherm et continuons la route 106 qui va à Taliouine. Mais, comme nous l’a dit un couple de français en fourgon que nous croisons avant Igherm, la route après ce bourg est en très mauvais état.

Les grosses pluies d’orage ont emporté une partie de la route et les radiers (plate-formes au niveau des gués) sont en réfection.

À certains endroits, c’est carrément de la piste caillouteuse qui remplace la route, pas facile du tout à franchir. Il faut y aller très lentement… C’est stressant et très fatiguant.

Notre halte déjeuner avant Igherm

Notre bivouac nuit :

À une cinquantaine de km avant Taliouine, vers 17h30,nous décidons de nous arrêter pour passer la soirée et la nuit sur un vaste terrain plat et caillouteux, au pied de collines rayées. Au loin, un petit village avec sa mosquée … des touffes de plantes écailleuses parsèment le terrain désertique.

Il y a du vent, ce qui tempère la grosse chaleur de la journée…

Féérie du lever de soleil... un spectacle magique !

Mardi 30 septembre :

La nuit a été très calme et, ce matin, nous savourons ces instants de poésie : le soleil se levant derrière les collines à l’horizon et les touffes de végétaux  couronnés de lumière … Voilà, c’est ça le bonheur de dormir dans la nature …

Taliouine

Heureusement, la route jusqu’à Taliouine à partir de là, est en bon état ! ouf !

Un peu avant Taliouine, devant une maison, un jeune garçon nous fait signe. Il nous dit qu’il a raté le minibus pour l’école ou que celui-ci n’est pas passé (on ne comprend pas tout car il ne parle pas bien français). Allez, on le prend, il ne va pas rater l’école aujourd’hui !

Le paysage change à l’approche de la ville. Il est beaucoup plus verdoyant, les vergers se succèdent maintenant …

Nous nous garons sur un vaste terrain qui surplombe une partie de la ville, à deux pas du centre animé. C’est jour de marché, il y a du monde aujourd’hui …

La rue principale, jour de marché
Réparateur de chaussures mais pas que ... un peu de tout, apparemment !

Après quelques achats au marché, nous nous apprêtons à regagner notre fourgon …

Un four à pain dans la rue

Au coin de la rue principale, se trouve un café avec un four sur sa terrasse. Un gars est juste en train d’en sortir des sortes de galettes plates bosselées.

Des femmes attablées là nous interpellent gentiment en nous expliquant qu’il s’agit de pain traditionnel berbère. Nous nous attablons aussi pour prendre un thé et ces jeunes femmes nous disent être franco-marocaines et habiter à Lille. Elles sont venues, avec leur mère, voir la famille restée au pays : oncles, tantes, cousins, cousines. 

« L’or rouge » en cadeau !

Elles insistent pour payer nos consommations et l’une d’elle va même acheter du safran à un producteur que connait son oncle, pour nous l’offrir ! Trop gentilles vraiment ! ( Taliouine, est le centre de la production du safran, qui est aussi appelé « l’or rouge » par ici )

Nous sommes tranquilles sur ce terre-plein qui domine la ville et il y a une belle vue. Nous y restons pour déjeuner dans le fourgon.

La Kasbah du Glaoui

Tout près de Taliouine, se trouve une des nombreuses propriétés du Glaoui de Marrakech.

En 2009, nous avions pu visiter celle de Telouet qui est désormais fermée pour rénovation et c’est tant mieux si elle est remise en état car c’était un crève-cœur de voir toutes ces beautés laissées à l’abandon.

Celle-ci est assez délabrée et on ne peut pas la visiter mais elle est encore très belle d’extérieur.

La kasbah du Glaoui près de Taliouine

Ifri et son grenier dans la falaise

Nous continuons la route jusqu’au village d’Ifri où se trouve un agadir (grenier fortifié) accroché à la falaise.

Nous demandons à un petit commerçant au bord de la route comment nous pouvons y aller. Il nous dit d’aller à la mosquée du village près de laquelle habite le gardien de l’agadir.

Pour entrer dans le village d’Ifri, il faut franchir un gué par une piste caillouteuse et étroite, avec descente et montée un peu raide dans les cailloux. Nous nous garons après l’avoir franchie, à l’entrée du village.

Là, nous sommes accueillis par un gars qui s’improvise guide et nous conduit au pied de la falaise. 

Avant d’y arriver, nous avons suivi les sentier qui longent des parcelles cultivées entourées de murets de terre. C’est là où seront cultivés bientôt les crocus dont les étamines fournissent le fameux safran. Plusieurs fois, il nous montre des parcelles où il dit « safron » !… Il nous montre le système d’irrigation et les diverses autres cultures : blé, luzerne, amandiers, oliviers … 

Arrivés au pied de la falaise, il nous dit aller chercher les clefs et revient bientôt en compagnie du vrai gardien. Celui-ci nous ouvre la porte et nous fait visiter les différentes chambres où étaient gardés les grains et nous dit que ces greniers servaient même d’habitations autrefois

Le village d'Ifri
L'agadir dans la falaise
Dans l'agadir ...
L'agadir adossé à la paroi, est entièrement construit en pierres et terre

Visite de l’agadir

Petits escaliers abrupts, portes aux serrures particulières et toujours le trou par lequel peut passer le chat qui chasse les souris !

En somme, une visite fort intéressante.

Nous donnons 50Dh au gardien et 10Dh au gars qui nous a accompagnés jusqu’à l’agadir.

Notre bivouac nuit :

Nous reprenons la route, toute droite et en bon état, jusqu’à Tazenakt, que nous traversons et allons jusqu’au lac de barrage de Taghdoute situé non loin de là pour y passer la nuit. Le lac est bordé de tamaris. Un bel environnement mais gâché par toutes les ordures que les gens qui viennent en pique-nique laissent sur place.

Quel dommage …

Sur le lac, nagent des canards (je crois que ce sont des souchets).

Mercredi 1er octobre :

Beau lever de soleil sur le lac … Les foulques et les canards cancanent …

Encore un bout de route et nous arrivons en vue du vieux ksar vers 11h15

 Aït-Benhaddou

Après avoir garé le fourgon sans problème le long de la rue, devant les alignements de restaurants et d’hôtels, nous franchissons l’oued à sec et entrons dans le ksar par la grande porte.

Là, à notre surprise, on nous demande de payer 20Dh/pers alors que, comme nous le verrons plus tard, la majorité des visiteurs menés par leurs guides passent par le pont piéton et ne payent rien !

Nous sommes effarés par toutes les boutiques de souvenirs qui emplissent les ruelles du vieux ksar. Pas un seul endroit sans exposition de toutes sortes de bijoux, tapis, aquarelles, objets, etc…

Et le nombre de groupes de touristes en voyages organisés est impressionnant ! Il y en a de toutes nationalités …

On ne peut rien voir du ksar tant il y a de monde et d’objets étalés partout !

Nous montons au sommet (en travaux) d’où nous admirons la vue sur le dédale de ruelles et de passages couverts, puis redescendons par ces ruelles où, en 2009, nous étions pratiquement seuls.

Nous pouvions alors admirer les belles portes et les maisons étaient encore habitées. Elles sont maintenant occupées par des boutiques de souvenirs… Quel changement ! 

Une fois passé l'oued à sec, nous franchissons la porte principale
Dans la ruelle en contre-bas, que des boutiques de souvenirs ...
Cette maison était occupée par des habitants lors de notre visite en 2009, maintenant, c'est une boutique
Vue depuis le sommet du ksar
Étalage au sommet !

Fuyons cette foule infernale qui se déverse en flots continus dans les ruelles étroites du ksar …

Un bon resto tranquille

Nous allons déjeuner d’un très bon tajine poulet citron et légumes au petit resto « Tamlalte », situé près du pont piéton. Nous y sommes presque seuls et nous avons une belle vue sur le ksar par les grandes baies vitrées.

… Puis,  pour rejoindre le fourgon, nous passons par une ruelle très étroite à l’angle de laquelle se trouve un petit café à la terrasse accueillante, couverte d’une légère pergola. Nous y dégustons un très bon jus « pomme grenade » fait sur place.

Il fait très très chaud aujourd’hui …