Tinejdad, Goulmina et route jusqu' à Midelt puis Sefrou

Lundi 6 octobre 2025 :

Encore une bonne nuit dans la nature aux environs de Tineghir. Très beau paysage au lever du soleil …

Ensuite, c'est toujours le paysage désertique et rocailleux qui nous suit. Il fait encore très très chaud, aujourd'hui...

Nous traversons encore des paysages arides jusqu’à Tinejdad

Il faut s’arrêter un peu avant la ville proprement dite de Tinejdad pour accéder au vieux ksar.

Nous l’avions visité en 2009.  À l’époque, l’oued avait débordé et nous avions traversé à gué sur un pont provisoire. Aujourd’hui, l’oued est complètement desséché et nous traversons à pieds secs après avoir garé le fourgon en face.

Ici, les femmes portent des « haïks », tissu noir (ou blanc) brodé de motifs berbères de couleurs vives. En 2009, il y avait une coopérative de femmes qui vendaient des haïks brodés, j’en avais d’ailleurs acheté un. Cette fois, je n’ai rien vu, tout était fermé …

Le vieux ksar de Tinejdad
Un des nombreux passages couverts dans le vieux ksar

Nous arrivons à Goulmina

Nous nous arrêtons le long d’une rue commerçante pour faire quelques courses. En sortant du fourgon, je tombe nez-à-nez avec un homme qui a l’air d’être un occidental. Il est accompagné par un marocain. Je leur demande donc où se trouve le « vieux ksar Goulmina » dont parle le guide Gandini.

Ils nous disent qu’il se trouve à 1,2km de là et nous indiquent aimablement la direction à prendre.

Bientôt, nous arrivons devant la porte flanquée de deux tours, dont l’une est le minaret de la mosquée. En face, se trouve un grand espace qui sert d’aire de battage à la saison des récoltes et de parking le reste du temps. C’est donc là où nous garons le fourgon. Un gars ne tarde pas à se présenter comme guide officiel (il a un badge)…

Nous acceptons son offre. Il ne demande qu’une rétribution ridiculement petite et il va se révéler très intéressant ( si bien que nous lui donnerons plus !)

Il nous explique la vie des habitants dans le ksar, nous fait parcourir les différentes ruelles, cours et passages couverts, les étables où sont élevés chèvres et ânes …

La porte du vieux ksar Goulmina
Ombre ...
... et lumière dans le vieux ksar Goulmina
Après la visite du ksar, le guide nous montre les jardins en arrière à la végétation luxuriante : palmiers, figuiers, oliviers et cultures diverses

 Il est grand temps de déjeuner quand nous quittons le ksar et ce sympathique guide.

Pour sortir du quartier où se trouve le ksar, il faut emprunter une ruelle assez étroite et c’est la sortie de l’école ! Plein d’élèves à pied et à vélo envahissent la rue. Il faut attendre un bon moment avant de pouvoir passer !

Notre halte déjeuner

Finalement, une fois sortis de Goulmina,  nous faisons halte sur un terrain pierreux le long de la route avant Errachidia. Pas d’ombre et grosse chaleur. Le décor désertique est composé d’étendues caillouteuses parsemées de touffes de plantes sauvages.

Un grand lac tout bleu

Nous traversons la ville d‘Errachidia, passons près du lac de barrage Hassan-Addakhil, très vaste étendue d’eau d’un bleu intense, entourée de collines caillouteuses.

Des plantations de tamaris ont été faites tout le long de la route, ce qui est une très bonne initiative. Pour l’instant, ils sont encore tout petits …

Lac de barrage Hassan-Addakhil
Puis, notre route suit la vallée du Ziz ...
Végétation luxuriante le long de l'oued Ziz

Notre étape nuit (un bivouac raté!)

Nous trouvons un très joli coin le long de l’oued Ziz, dans un décor montagneux. Pour y accéder, il faut descendre dans la vallée par une piste assez pentue…

Mais, bientôt, à peine installés dans ce joli coin, un gars arrive en voiture. Il vient nous dire que nous ne pouvons pas rester là car il est responsable de notre sécurité et nous dit d’aller au camping « jurassic park », qui est tout proche… Nous voilà donc obligés de partir et de nous rendre au camping.

Ce terrain de camping est agréable, pas surchargé et pas cher (80Dh). Cela va nous permettre de faire le plein d’eau et les vidanges. Il y a même une piscine, mais nous n’en profiterons pas. Ce soir, il est trop tard …

Même si ce terrain de camping est assez agréable, le paysage qui nous entoure est tout de même beaucoup moins beau que quand nous dormons dans la nature …

Mardi 7 octobre :

Nous quittons le « Jurassic park » et prenons la route vers le nord, jusqu’à Midelt, en passant sous le petit tunnel du Légionnaire.

À Midelt, nous allons faire quelques courses au marché municipal. Cette ville nous paraît beaucoup plus moderne que dans notre souvenir (mais la mémoire nous joue peut-être un tour !)

Nous déjeunons à la terrasse d’un boui-boui, le « Berber restaurant ». Bons tajines de mouton et légumes (45Dh chacun) …

Nous quittons la ville et faisons une petite halte afin de boire le café près d’un petit oued qui forme une sorte d’oasis dans ce paysage désertique : de l’herbe, des roseaux, des pommiers et amandiers. Ce paysage bucolique est bien reposant. Dommage que la route passe tout près …

Quand nous roulons dans la montagne, voilà que le ciel se couvre de gros nuages et il tombe même quelques gouttes. Mais le ciel bleu est vite de retour…

La verdure borde la route maintenant, dans les champs paissent de grands troupeaux de moutons et de chèvres, même des vaches ! Ça nous change de paysage !

La route est bonne mais il y a beaucoup de gros camions chargés jusqu’à la gueule (les ballots de paille débordent de partout) et, comme ça monte, ils roulent très lentement. Étant donné tous les virages, il est difficile de les doubler. Il faut parfois rouler à 12km/h pendant plusieurs km.

Notre bivouac nuit :

Après quelques recherches, nous allons nous garer dans la forêt de cèdres un peu avant Azrou sur un haut-plateau, à 1 800m d’altitude.

Pour y arriver, il faut emprunter une piste et, en cours de chemin, à notre étonnement, nous tombons nez-à-nez avec un gros camion. Que fait-il sur cette étroite piste perdue ?

Le chauffeur nous fait signe que ça passe et nous en profitons pour lui demander ce qu’il transporte… Il nous répond que c’est de la pouzzolane, une roche volcanique, pour faire du ciment. Il va même en chercher une poignée à l’arrière pour nous montrer ce que c’est ! Il nous explique qu’il y a une carrière plus loin.

Toute la soirée, de gros camions font l’aller/retour chargés de pouzzolane.

De l’endroit où nous sommes garés, nous les voyons passer sur le sentier. Heureusement, vers 21h, plus rien … Espérons qu’ils ne commencent pas trop tôt demain matin !

Notre lieu de bivouac
Une nuit paisible ...

Mercredi 8 octobre :

Pas de gros camion pendant la nuit, ouf ! Et, ce matin, le premier n’est passé qu’à 8h30.

Nous reprenons la route jusqu’à Michlifen, où se trouve une station de sports d’hiver, avec petits remonte-pentes.

 

Michlifen, station de ski
singe magot

 

 

La forêt de cèdres

Le paysage montagnard, avec les vertes prairies et les forêts de cèdres contrastent beaucoup avec les étendues désertiques que nous venons de traverser.

Nous passons à Azrou, puis Ifrane, où le roi a une résidence d’été. Ça fait très chic par là, beaucoup de massifs fleuris bien entretenus et d’aménagement urbain.

La forêt d’Ifrane est la plus belle cédraie du Maroc.

Des singes magots encore appelés « macaques berbères », y vivent et on peut facilement en voir au bord de la route. Ce sont les seuls macaques vivant hors d’Asie.

Sefrou

Nous nous garons sur un parking situé en face de la médina.

Voilà une médina joliment colorée et vivante  !

Elle est ceinte de murailles crénelées et coupée en 2 par l’oued Aggay (complètement à sec en cette saison … et rempli d’ordures)

 

Une des portes de la médina, ceinte de murailles crénelées
Dans la médina colorée de Sefrou
La rue qui longe l'oued Aggay
le long de l'oued, façades roses et grands arbres

Le coin de la passementerie

Plusieurs rues de la médina regroupent les ateliers d’artisans qui fabriquent de la passementerie pour border les robes et les djellabas.

Nous sommes intrigués par le nombre de boutiques qui vendent des sortes de petits tubes de plastique colorés flexibles. Un sympathique marchand nous explique qu’ils servent à fabriquer des petits boutons ronds en forme de cerise (spécialité de la région) brodés à l’aide de fil torsadé et de petits moteurs.

Ces boutons servent pour les caftans et djellabas et sont confectionnés par de nombreuses femmes du coin.

Plusieurs artisans fabriquent des passementeries
un bel étalage de fils colorés
la médina côté rose
Côté bleu, un joueur de toupie
Cette médina est décidément très jolie et agréable, on peut d'ailleurs s'y reposer quelques instants car elle contient un jardinet avec banc, plantes et palmier ...

Plus loin, nous voilà dans le quartier des stands alimentaires. Nous y achetons du pain et des petits sablés à l’anis. Mais aussi des crêpes épaisses lisses d’un côté et toutes hérissées de l’autre ! Elles sont à base de semoule… Nous les dégusterons au déjeuner.

Notre halte déjeuner

Nous grimpons sur les hauteurs de la ville construite sur une colline par de petites rues tortueuses qui montent raide …

Il y a là un belvédère avec une petite mosquée et un espace planté de pins faisant un peu d’ombre. C’est là que nous nous garons pour savourer nos crêpes, accompagnées d’œufs et de fromage (comme une galette bretonne, quoi !)

Belle vue sur la ville depuis le belvédère