Tombouctou

– Mardi 19/01/10 (suite) :

Traverser le fleuve

Pour arriver à Tombouctou, il faut franchir le fleuve Niger, et donc, prendre le bac.

Nous arrivons au lieu d’embarquement en fin d’après-midi, bien cassés !

 

Sur le bac, des passagers bien placides
Même à bord, le thé, c'est sacré !
Le débarcadère de l'autre côté du fleuve

Et nous voilà donc à Tombouctou, ville mythique, pleine de sable et de poussière

 

 

 

A l’hôtel Bouctou…

Nous pouvons prendre le frais sur la terrasse devant notre chambre, qui a vue sur un océan de sable.

Comme partout autour de Tombouctou, du sable, du sable…

Hôtel qui a dû avoir son heure de gloire il y a longtemps, assez décrépi maintenant mais agréable tout de même. 

Le marché

– Mercredi 20/01/10 :  Nous allons d’abord voir le marché et ses artisans qui veulent tous nous vendre quelque-chose…

Enormément de boutiques de bijoux en argent… 

 

Les Touareg sont d'habiles bijoutiers ... Les forgerons travaillent avec leur soufflet double, actionné à la main...
Le marché couvert est surmonté d'une terrasse d'où l'on aperçoit le désert tout autour...
et la ville, la mosquée...
La rue en contre-bas ...
Divers stands ombragés : viande, charbon de bois ...
... légumes, épices,etc...

 

 

Le sel du désert

Ici sont vendues beaucoup de plaques de sel gemme de toutes les tailles, rapportées du désert par les caravaniers…

Et on peut y acheter les “12 épices de Tombouctou”…

Comme on dit ici : “la 13ème c’est le sable…”

 

Après le déjeuner dans un petit boui-boui bien sympa...

Un bon guide culturel

… Nous allons visiter le Tombouctou historique avec un ancien professeur d’histoire, le vieux Salem, qui est un guide très intéressant.

Avec lui, nous pouvons voir plusieurs lieux dont il nous raconte l’histoire et les particularités…

Tombouctou a été fondée par les Touareg au XIIe s,à partir d’un campement et d’un puits.

Devenue capitale de l’Empire songhay, elle joua un rôle commercial important par sa position stratégique sur la berge du fleuve Niger et à l’entrée du Sahara.

Grand centre religieux

Au XVIe s, elle devient un grand centre religieux et culturel.

Là, se rencontrent les lettrés musulmans, les oulémas.

Attirés par le sel (une barre de sel valait une barre d’or), les marocains envahissent Tombouctou.

La ville subit alors un métissage culturel mais pas d’organisation politique et c’est une cité décadente que découvrirent les explorateurs occidentaux au XIXe siècle

 

Le vieux Salem, la mémoire de Tombouctou

La grande mosquée

Au cours de notre promenade au long des rues en sa compagnie, nous découvrons la grande mosquée Djingareyber.

Elle fut construite en 1325, par un architecte andalou …

 

La grande mosquée... A l'horizon, c'est le désert...
Ici, les oeufs d'autruche remplacent le croissant au sommet des minarets...

 

 

…La bibliothèque de manuscrits qui renferme de très anciens documents…

…Le musée Al Mansour Korey qui montre des objets domestiques (plutôt poussiéreux !), dans une maison traditionnelle…

 

Manuscrit ancien dans la bibliothèque

Les maisons de Tombouctou

Avec le vieux Salem, nous arpentons les rues où se trouvent les grosses maisons dont les murs en banco sont recouverts de pierres calcaires du désert pour les protéger, leurs portes cloutées et fenêtres aux volets ouvragés.

 

 

Les maisons des explorateurs

Celle du major Laing, un anglais,  arrivé en 1826, assassiné par ses guides sur la route du retour…

Celle du français, René Caillié qui atteint Tombouctou en 1828, déguisé en pélerin égyptien…

Celle d’Heinrich Barth, un allemand qui arrive en 1853… 

Le vieux Salem nous raconte les histoires mouvementées et périlleuses de ces hommes qui ont réussi à arriver à Tombouctou.

Ils y ont vécu et en ont rapporté des récits descriptifs, éléments d’histoire, de géographie, de linguistique et sociologie jusqu’alors ignorés.

 

Maison de René Caillié

Une multitude de peuples

Un des aspects originaux de cette ville est le nombre important de différents peuples qui y résident.

Il y a les Songhay qui sont des sédentaires… 

Les Touareg, qui, bien que nomades,  en furent les fondateurs. Leur langue est le Tamachek et on les nomme souvent ainsi au Mali… 

Les Berrabich, qui pratiquaient surtout le caravanage ramenant le sel de Taoudéni au nord du désert jusqu’à Tombouctou… Les Maures… 

Les Kounta, d’origine berbère, précurseurs de la première migration arabe et de l’islamisation…

Les Bellha, descendants d’anciens esclaves des Touareg… 

Et d’autres encore…

 

Nous arrivons à la mosquée de Sankoré qui jouxtait l'Université, célèbre dans tout le monde arabe autrefois...

 

 

 

Misère et pauvreté

Mais à Tombouctou, il y a aussi beaucoup de misère et de gens très pauvres.

Au détour des rues, on peut voir des sortes de tentes en forme de dômes qui sont des abris de fortune.

Beaucoup ont fui le désert… et l’insurrection touareg.

A la sortie de la ville, se trouve le Monument de la Flamme de la Paix, qui commémore la fin de la rébellion des rebelles touaregs en 1996…

Mais ils ont bien vite repris les armes depuis…

Au détour d'une rue, un four en terre à la gueule rougeoyante...
Des abris de fortune

La “Cité mystérieuse”

Les explorateurs l’avait surnommée “Cité mystérieuse”… 

Tombouctou est loin de sa grandeur passée, mais, comme le dit si bien Albert Londres, lors de sa visite de la ville en 1927 :

“Le mystère ne se voit pas, mes amis, il se sent”…

 

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