Trois jours sur le Niger

De Tombouctou à Mopti

– Jeudi 21/01/10 : Ce matin, nous partons très tôt de Tombouctou pour embarquer sur une pinasse (une grande pirogue à moteur) qui va nous mener jusqu’à Mopti, en remontant le fleuve Niger.

Notre embarcation

Nous avons de la place sur notre pinasse.

En effet, nous ne sommes que nous deux avec Alassane, plus le piroguier et son aide. 

Alassane s’est débrouillé pour trouver une pinasse qui devait retourner à Mopti, ce qui permet aux piroguiers de ne pas faire le trajet à vide.

Un auvent tendu sur des arceaux protège du soleil, un brasero permet à l’équipage de faire la cuisine de midi… Il y a même des toilettes : à l’arrière, est aménagée une petite cabine au milieu de laquelle un trou est percé dans la coque relevée au-dessus de l’eau… Le grand confort, quoi ! 

Nous allons y passer trois jours de navigation, avec deux nuits de bivouac sur les berges du fleuve…

Les bateliers de la pinasse
Et les toilettes !

Nous remontons tout doucement le Niger tandis que le soleil se lève.  Le fleuve est très large… Toutes sortes d’embarcations y évoluent déjà…

 

 

Des îlots de végétation tout bruissants d’oiseaux

Par moments, des îlots couverts de végétation émergent. Ce sont des lieux de pêche. 

Nous croisons plusieurs embarcations, où souvent le père relève les filets tandis que son fils, parfois très jeune, pousse la pirogue avec sa longue perche.

Beaucoup d’oiseaux nichent dans les hautes herbes de la rive : martins pêcheurs, aigrettes, avocettes…

Des milliers de petits oiseaux appelés “mange-mil” font un vacarme étonnant.

De temps en temps, nous croisons une pirogue à voile...

Les hippopotames

Tout à coup, le piroguier s’écrie “mali, mali” en montrant du doigt des formes ressemblant à des rochers qui émergent des herbes : ce sont des hippopotames qui dorment tranquillement…

Ainsi, nous apprenons que “Mali” veut dire “Hippopotame”en langue bambara… 

Nous en verrons à plusieurs reprises, il parait qu’il y en a beaucoup…

En voilà toute une famille...

 

 

Un marché dans un village

En fin de matinée, nous faisons escale à Diré, gros village de la boucle du Niger.

Il s’y tient un marché animé… Une femme fait des frites de patates douces sur un brasero, délicieuses.

Là aussi, il y a un monument pour la paix car, ici, il y a eu beaucoup de morts lors de la rébellion touareg.

Les pêcheurs nomades du fleuve niger

Nous nous arrêtons à un campement de pêcheurs, les Bozo. 

Nomades, ils se déplacent, selon la saison, de lieu de pêche en lieu de pêche, avec toutes leurs affaires. 

Nous leur achetons un beau poisson-chat que nous dégusterons à midi. L’un des piroguiers le dépèce et le met à sécher sur le toit de la pinasse. Pour le repas,  il nous le cuisinera sur le brasero avec du riz et une sauce pimentée… Excellent…

Les bozo sont des pêcheurs itinérants
Campement bozo

Au fil de l’eau…

Nous rencontrons d’autres hippopotames…  Nous apercevons de beaux villages en banco… 

 …des pinasses publiques chargées à ras bord…

Lessive au bord du fleuve

 

Et, à la nuit tombante, nous établissons notre camp près d’un village bozo inoccupé.

Les Bozo sont semi-nomades, ils reviendront dans leurs cases quand la saison de pêche s’y prêtera. Nous en profitons pour visiter l’intérieur de ces petites maisons en terre,  au toit fait de nattes de roseaux recouvertes de paille. Dans les murs, sont aménagées de petites ouvertures triangulaires et des cavités qui servent d’étagères.

Cette nuit, nous dormons sous la tente après avoir dégusté le couscous aux légumes préparé par les piroguiers sur un feu de camp.

-Vendredi 22/01/10 : Au lever du soleil, nous reprenons le cours de notre navigation avec petit-déj à bord…

Nous faisons escale à Niafounké, gros bourg jumelé avec la ville de Vichy.

Nous y rencontrons quelques vichyssois venus apporter des colis de matériel scolaire à bord de leurs camions.

A Niafounké, il y a toute une horde de petits talibés. Ces enfants sont confiés à la garde d’un marabout. Pas toujours bien traités, mal soignés, ils doivent mendier leur nourriture et apprendre à ânonner le coran.

Alassane leur distribue des petites galettes de riz qu’une dame est en train de faire cuire sur une plaque creusée de trous ronds. 

 

Nous remontons à bord et reprenons le cours tranquille du Niger

Un groupe de femmes avec leur bébé au sein, sur une pirogue, vont vendre du poisson aux villageois de la rive.

Ce sont des femmes de touaregs, qui, d’éleveurs sont devenus pêcheurs après que leurs troupeaux ont été décimés par la sècheresse.

Nous leur achetons du poisson pour le déjeuner, comme hier…

Au fil du fleuve, nous longeons encore de beaux villages, nous allons en visiter quelques-uns…

 

En fin de journée, nous entrons dans le lac Debo, immense étendue d'eau aux rives sableuses.

 

 

Bivouac sur la dune au bord du lac Debo

– Samedi 23/01 : A l’aube, nous quittons notre dune de sable et atteignons des rivages plus rocheux.

Lac Debo

Il y a beaucoup de pêcheurs, à bord de leurs petites pirogues, qui tirent leurs filets ou tendent des lignes…

Les villages bozo sont de plus en plus nombreux aussi, le lac doit être très poissonneux…

Nous achetons un beau capitaine à un pêcheur, ça changera du poisson-chat…

Et voilà le bazar ambulant ...

Nous entrons sur l’un des nombreux bras du Niger.

  Les huttes des Peuls côtoient les cabanes des Bozo, près desquelles on peut voir de grandes nasses et des filets tendus..

Grandes nasses près d'un village bozo
Les huttes des éleveurs peuls ressemblent à des meules de foin
Souvent, de grands troupeaux défilent le long de la rive...
et, parfois, les zébus traversent à la nage pour gagner un pâturage sur la rive en face ...
... mais les chèvres, elles, doivent être passées en barque car elles n'aiment pas l'eau !

 

Nous accostons à Kotaka

Ce village possède une grande et belle mosquée en banco.

Grâce à Alassane, qui connait le muezzin, nous pouvons entrer à l’intérieur…

Comme tous les bâtiments en banco, la mosquée doit être consolidée avant la saison des pluies,c'est à cela que servent tous les morceaux de bois qui sortent des murs... Des échafaudages en quelque sorte... mais très décoratifs.

 

Dans le village, il y a des potières…

L’une d’elles est en train de travailler. Elle monte ses pots sur un tour formé d’une simple plaque ronde posée sur de la glaise enduite d’huile. Ainsi le socle peut tourner en glissant…

Il faut quand même un bon tour de main pour qu’il tourne régulièrement.

Ensuite, les poteries sont séchées au soleil puis mises à cuire dans un four fait d’un trou dans le sol, le tout recouvert de bouses sèches servant de combustible…

Son mari est le forgeron du village , il est en train de fabriquer des clous pour les pirogues.

 

Au revoir !

Arrivée à Mopti

En fin d’après-midi, nous arrivons dans le capharnaüm du port de Mopti. 

Après avoir pris congé des piroguiers, nous nous rendons à pied à l’hôtel “Y a pas de problème”.

Ca fait tout drôle de retrouver le brouhaha de la ville et de l’hôtel plein de touristes…  Une bonne douche, ça fait vraiment du bien (même si elle est froide)…

L'arrivée au port de Mopti
Fermer le menu

 

yannick